Chapitre 35 : première étape

Publié le par RoN

Vus du ciel, les paysages des terres infectées ne semblaient pas avoir subi de changement notable. Les mêmes campagnes laissées en friches, les mêmes routes encombrées de carcasses de voitures ou de débris divers, les mêmes villes à demi dévastées et littéralement infestées de goules. Ce qui était quelque peu surprenant. Si la plupart des zombies du continent voyageaient vers l’ouest pour se regrouper sur la côte, comment se faisait-il que les agglomérations présentent encore une telle concentration d’infectés ?

Seul Jack, qui avait passé un temps infini à observer les déplacements des goules via le logiciel de localisation, possédait un embryon de réponse. Dans leur exode, la grande majorité des zombies suivaient les axes de communication. Etait-ce pour des raisons pratiques, ou bien les créatures étaient-elles encore influencées par des réminiscences de leur vie d’humain ? Impossible de le savoir. Toujours était-il que suivre les routes les amenait inévitablement à traverser un certain nombre de villes, ou en tout cas à passer à proximité. Et Jack avait constaté que bien souvent, les créatures s’accordaient quelques heures de pause dans ces cités, vadrouillant ou prenant simplement le soleil dans ces rues où grouillaient jadis des hommes et des femmes parfaitement normaux. Parfois, certaines meutes faisaient même des détours de plusieurs kilomètres pour pouvoir s’y arrêter une demi-journée, tels des pèlerins visitant les ruines d’une civilisation aujourd’hui oubliée.

En conséquence, les périphéries urbaines étaient toujours aussi impraticables pour qui aurait voyagé dans un véhicule conventionnel. Mais pour nos quatre missionnaires embarqués dans leur hélicoptère, cela constituait un spectacle fascinant – qu’ils étaient bien contents de voir de loin, cela va sans dire. Les goules grouillaient par milliers en dessous d’eux, constituant de véritables fleuves vivants agités d’ondes se propageant d’est en ouest au rythme de leurs pas. Cela avait quelque chose d’étourdissant, presque envoûtant. Jamais dans l’histoire humaine on n’avait dû voir de migration terrestre d’une telle ampleur.

Les yeux vissés dans une paire de jumelle, Kenji ne se lassait pas de ces images. Ils avaient décollé de Genesia depuis près de quatre heures, mais le tueur de goule n’avait quasiment pas prononcé un mot jusque là. Ses amis supposaient qu’il éprouvait quelques remords, qu’avoir laissé sa femme et son fils derrière lui pesait sur sa conscience. C’était bien mal connaître leur camarade. Soit, il se languissait déjà un peu de Faye et Ryo. Mais ce n’était rien à côté de l’excitation qu’il ressentait devant ces panoramas grandioses.

Des ennemis par dizaines de milliers, tous plus redoutables les uns que les autres, n’attendant qu’un adversaire digne de ce nom pour relâcher leur force brute, sauvage. Kenji sentait presque son Tenchûken frémir d’impatience à l’idée d’affronter ces créatures innombrables. Plein d’une fascination à la limite du morbide, le jeune homme en aurait presque oublié les enjeux de leur voyage.

« Hey, Jonas ! appela-t-il après s’être équipé du casque et du micro indispensables à toute discussion dans l’habitacle bruyant. Tu ne voudrais pas descendre un peu ?

-         Content que tu te décides enfin à ouvrir la bouche, le tueur, répondit le pilote. Mais je me sens très bien à cette altitude. Si t’as envie de gerber, voler bas n’y changera rien.

-         Allez, j’ai envie de voir tous ces zombies de plus près !

-         C’est pas une mauvaise idée, commenta Jack. Profites-en pour filmer un peu, Kenji. »

L’hélicoptère survolait justement les abords d’une grande ville, littéralement bondée de goules. Le genre d’image choc que le gouvernement filien ne pourrait ignorer. Aussi Jonas obtempéra-t-il, descendant doucement jusqu’à une quinzaine de mètres d’altitude. Jubilant, Kenji s’équipa de la caméra et fit coulisser la porte de l’appareil, avant de se pencher dans le vide en poussant des cris de cow-boy.

Il n’en fallut pas plus aux zombies pour être pris d’une véritable frénésie. L’hélicoptère volant à basse altitude avait inévitablement attiré leur curiosité : la plupart s’étaient arrêtés pour observer ce bruyant objet, ne sachant trop si celui-ci représentait un intérêt ou non. Mais dès que le visage de Kenji en émergea, tous se mirent à trépigner en levant leurs mains griffues vers le ciel, claquant des mâchoires ou poussant des cris qui ressemblaient étrangement à des aboiements. Complètement obnubilées par cette proie inaccessible, certaines goules tentaient même de grimper sur leurs congénères, se piétinant mutuellement sans parvenir à gagner plus d’un mètre. Un spectacle tout bonnement hallucinant, qui fit le plus grand bonheur de Kenji.

« Ram ! Ram ! se moquait-il, répétant sans en comprendre la signification l’onomatopée psalmodiée par de nombreux évolués.

-         Marrant, commenta Arvis Bronson. Ces saloperies ne caquetaient pas autant auparavant…

-         Bon, on pourrait refermer, maintenant ? » grogna Béate, frigorifiée par le vent qui s’engouffrait dans l’appareil. 

Il était grand temps, en effet. Car les évolués étaient trop intelligents pour se laisser ainsi moquer sans réagir. L’un d’eux, prenant les devants, entreprit de se hisser jusqu’au sommet d’un poteau téléphonique. Se croyant hors de portée, Jonas ne jugea pas nécessaire de reprendre de l’altitude. C’était sans compter sur la détente faramineuse de la goule qui, d’un bond impressionnant, parvint à atteindre l’hélicoptère et à planter ses griffes dans une des parois. L’engin oscilla un instant sous le poids de la créature, tandis que les passagers paniqués poussaient des cris de stupeur. Il ne fallut heureusement qu’un instant à Kenji pour troquer la caméra contre son Tenchûken. Un coup, et l’impudent zombie alla s’écraser dix mètres en contrebas, sa main amputée toujours fermement accrochée à la carlingue. Hilare, Kenji s’en empara avant de l’envoyer à une Béate à peine remise de ses émotions.

« C’est un peu tôt pour commencer à ramasser des souvenirs, commenta-t-elle, soupirant de soulagement.

-         Balance-moi ça dehors ! ordonna Arvis, l’air dégoûté. Et on va peut-être arrêter de tenter le diable. Mieux vaut reprendre de l’altitude.

-         Fais pas ta chochotte, le critiqua son frère. C’était plutôt marrant, non ? »

Kenji partageait assurément son avis, mais ce n’était visiblement pas le cas de Jack, qui avait des sueurs froides en pensant à ce qui se serait passé si d’autres goules étaient parvenues à les aborder. Un gros joint suffit à calmer tout le monde, et ils continuèrent leur route dans la bonne humeur, volant à une altitude suffisante pour ne pas trop attirer l’attention des prédateurs terrestres.

 

Les kilomètres s’égrenaient presque trop vite, les paysages défilaient sans varier, les zones vierges de zombies se faisaient de plus en plus rares et réduites. Et le réservoir de l’hélicoptère se vidait inexorablement. Rien d’inquiétant pour le moment, mais nos voyageurs préféraient prendre leurs précautions. Mieux valait se ravitailler trop souvent plutôt que de se trouver contraint de se poser en pleine zone infectée.

Qui plus est, Jonas avait grand besoin d’une pause. Le pilote ne s’était pas accordé une seconde de répit depuis qu’ils étaient partis de Genesia, contrôlant sans cesse ses instruments de bord et refusant catégoriquement de laisser un de ses équipiers prendre le manche à sa place. Tôt ou tard, cela serait pourtant nécessaire. Jack voyait mal comment Jonas pourrait tenir le rythme plus longtemps. Après six heures de vol, il avait déjà l’air exténué, autant physiquement que moralement. Maintenir l’appareil en l’air ne devait pas être bien sorcier. Tant qu’il n’était pas nécessaire d’atterrir ou de négocier des manœuvres délicates, quelqu’un d’autre pouvait probablement se charger du pilotage.

« Soit, admit-il une fois que Jack lui eut exposé son point de vue. Mais qui va prendre la relève ? Toi, le borgne ? Un de nos deux manchots de service ? Ou bien ce cinglé de Kenji ?

-         Avec une telle bande d’estropiés, les choix sont en effet limités, commenta Béate. Il ne reste plus que moi…

-         Toi ? Une gamine d’à peine dix-huit ans ? Tu plaisantes, j’espère ? »

Mais quoi qu’il en dise, Jonas devait bien laisser la main à quelqu’un. Sa mauvaise humeur prouvait bien que sa concentration était en train de diminuer. Pour leur sécurité à tous, il devait se reposer un peu. Il était cependant hors de question que Béate prenne la relève en plein vol. Pas avant de s’être familiarisée un minimum avec les commandes.

Aussi choisirent-ils de se poser dès le premier point de ravitaillement, une tour de télévision située en amont d’une grande ville. D’après les images satellites, les installations semblaient relativement intactes. Même sans électricité, il serait probablement possible d’y trouver un groupe électrogène à la puissance suffisante pour faire fonctionner la pompe. Et aucun hélicoptère n’était présent sur la piste aménagée en son sommet. Il y avait donc fort à parier que la tour disposait encore de quelques réserves de carburant.

De plus, la zone environnante paraissait tout à fait calme, et ce malgré la proximité d’une agglomération de taille respectable. Même si le réservoir de l’hélicoptère n’était entamé qu’à la moitié, il aurait fallu être fou pour ne pas profiter de cette opportunité. Mais le danger n’était pas inexistant pour autant. Jack décida donc de faire un rapide rapport à leurs camarades genesiens, ne serait-ce que pour les tenir au courant de la situation.

« Jack à Genesia, Jack à Genesia, appela-t-il via son portable. Quelqu’un me reçoit ?

-         Cinq sur cinq, lui répondit la voix de Saul Gook, légèrement parasitée. Ça fait plaisir d’avoir de vos nouvelles, les jeunes. Tout se passe bien ?

-         On s’est fait une petite frayeur tout à l’heure, mais à part ça, rien à signaler. On avance plutôt bien pour l’instant.

-         Où en êtes vous ? On ne m’a pas dit comment vous localiser avec ce machin…

-         Mitch t’expliquera. On n’est plus très loin d’une ville nommée Fraichois. On ne va pas tarder à se poser pour refaire le plein.

-         OK. Soyez prudents. Tout le monde pense à vous.

-         Reçu. Je rappellerai sans doute dans la soirée. Terminé.

-         Toi, tu t’attendais à ce que ce soit Aya ou Gina qui réponde, commenta Béate, devinant la déception de son frère une fois qu’il eut raccroché.

-         Bah, elles ne peuvent pas être tout le temps de garde, répondit-il en haussant les épaules. Bon, comment tu comptes procéder, Jonas ? Tu tentes l’atterrissage sans moteur ?

-         Seulement en dernier recours. Tu as vu comment ça s’est passé la dernière fois. Je préfère ne pas risquer d’abîmer l’hélico tant qu’on peut l’éviter. Tu vois beaucoup de goules dans le coin, Kenji ?

-         Aucune pour l’instant. Mais il y a pas mal de végétation… Des chimères pourraient s’y cacher. »

Ça, ils ne le sauraient qu’une fois posés. Une légère appréhension au ventre, Jonas entreprit de faire descendre l’appareil, négociant malgré sa fatigue un atterrissage rapide et précis. Il coupa les moteurs dès que les roues eurent touché la piste, et tous sortirent immédiatement pour observer les alentours.

Pour l’instant, rien ne bougeait. Ce qui ne rassura que très légèrement nos voyageurs. Après les heures passées dans le vacarme continu de l’hélicoptère, le silence paraissait écrasant ; comme le calme avant la tempête. Voilà précisément le genre d’ambiance que Kenji trouvait insupportable. Autant se sentait-il parfaitement à l’aise face à des adversaires dix fois plus nombreux, autant détestait-il la tension d’avant bataille. Il aimait voir ses ennemis, savoir à quelle puissance il allait se confronter. Des goules devaient nécessairement se trouver dans le coin. Que celles-ci restent invisibles ne lui disait rien qui vaille…

Mais il aurait été parfaitement stupide de repartir sous prétexte que tout était trop calme. Jack, Kenji et les frères Bronson se postèrent donc tout autour de la piste, de façon à surveiller les environs pendant que Jonas et Béate s’attelaient à leur tâche. Puisqu’ils avaient plusieurs minutes au minimum devant eux, le pilote entreprit d’expliquer sommairement à la jeune fille le fonctionnement de l’hélicoptère. Un joint très appréciable à la bouche, l’ancien passeur lui décrivit les commandes de base, les voyants et instruments les plus importants, avant de la faire s’asseoir devant le manche pour qu’elle puisse se familiariser avec son maniement. Très attentive, Béate apprenait vite, enregistrant toutes les instructions de Jonas sans jamais qu’il ait besoin de se répéter. Ce qui ne signifiait pas pour autant qu’elle était prête à prendre la place du pilote.

« Une formation théorique est loin de suffire, déclara celui-ci. Pour l’instant, tu vas te contenter de m’assister, ça te fera prendre un peu d’expérience. On aurait dû penser à ça quand on était encore à Genesia… Je pensais que je tiendrai le coup, mais je me suis surestimé. Cet engin est plus pénible à piloter que ceux auxquels je suis habitué…

-         Désolé de vous interrompre, mais on a un petit problème, le coupa tout à coup Arvis, une légère inquiétude dans les yeux.

-         Laisse-moi deviner, railla Béate. Ça commence par un G, ça finit par « oule » ?

-         Une bonne vingtaine, au moins, confirma son petit ami. Et elles se dirigent droit vers nous.

-         Merde ! jura Jonas. On n’a pas encore fait le plein !

-         Alors grouillez-vous. On fera en sorte de les retenir le temps qu’il faut. »

Ce qui était sans doute plus facile à dire qu’à faire. D’autant plus que la vingtaine de zombies repérée par le jeune Bronson n’était qu’une avant-garde. Celle-ci précédait une véritable horde, dont la vision fit frissonner Kenji lui-même.

Des monstres de deux mètres, armés de griffes dures comme le diamant et de lames tranchantes, se ruant vers la tour avec une hargne terrifiante. Humanoïdes, mais certainement plus humains. Innombrables. Visiblement, l’atterrissage n’avait pas été aussi discret que les voyageurs l’avaient cru. Il n’avait fallu que quelques minutes aux goules de la ville voisine pour parcourir à fond de train les deux ou trois kilomètres les séparant de leurs proies. Par les routes ou à travers les champs en friche, des dizaines apparaissaient à chaque seconde.

Inutile d’espérer venir à bout d’un tel flot. Des jours entiers n’y auraient certainement pas suffi. L’unique solution était la fuite. Même Kenji devait bien avouer que se lancer dans la bataille relevait du suicide. Néanmoins, il eut tout de même l’occasion d’user de ses sabres. Car cette fois, les goules n’allaient pas se contenter de trépigner en observant leurs proies.

A peine les premières eurent-elles atteint le pied de la tour qu’elles se mirent à l’escalader, sans même chercher à emprunter les escaliers qui devaient nécessairement se trouver à l’intérieur. Elles n’en avaient de toute façon aucun besoin. Leurs griffes et leur musculature puissante suffisaient amplement.

De véritables araignées quadrupèdes se hissant à une vitesse proprement ahurissante. En moins de vingt secondes, les premières avaient réussi l’ascension. Heureusement, les humains n’avaient pas non plus perdu de temps. Jonas avait rapidement localisé le groupe électrogène faisant fonctionner la pompe, et le réservoir était déjà en train de se remplir. Quant à ses équipiers, postés en périphérie de la piste, ils attendaient les assaillants de pied ferme.

Dès que les premières têtes boursouflées apparurent, le carnage commença. Sabres et lances se mirent à danser, tranchant des membres, se plantant dans des crânes, repoussant les goules dans le vide. Dans la mesure du possible, les combattants faisaient en sorte de ne pas laisser les créatures se hisser sur la plate-forme. Mais celles-ci étaient si nombreuses, si téméraires, que nos cinq braves ne tardèrent pas à être débordés. Régulièrement, un ou deux zombies parvenaient à grimper sur la piste, menaçant de blesser gravement ceux qui ne faisaient pas attention à leurs arrières.

Voire pire. Profitant de l’angle mort laissé par l’œil aveugle de Jack, un évolué réussit à se jeter sur lui, manquant le faire basculer dans le vide. Le jeune homme ne dut sa survie qu’à l’excellent tranchant de son katana Tsukaï. Perdant l’équilibre, il eut le réflexe salvateur de planter la pointe de son sabre dans le sol recouvert de goudron. Un katana normal ne s’y serait probablement pas suffisamment enfoncé pour fournir une prise assez solide. Mais la lame mono-moléculaire s’y enfonça comme dans du beurre, préservant in extremis son propriétaire d’une chute mortelle.

Béate vint immédiatement lui porter assistance, décapitant sèchement le zombie qui avait failli la priver de son cher frère. Négligeant du même coup la direction qu’elle était censée couvrir, cela permit à pas moins de trois évolués de grimper à leur tour sur la piste. Mais cela n’avait plus grande importance. Car le plein était fait.

« Ramenez-vous, on se tire d’ici ! beugla Jonas par-dessus le vrombissement des moteurs remis en marche.

-         Ces saloperies vont pas nous laisser repartir aussi facilement ! objecta Lloyd entre deux coups de lance.

-         Décollez ! ordonna alors Kenji. Je les retiens ! »

Et il s’éloigna du bord de la plate-forme, invectivant les goules pour attirer leur attention pendant que ses amis embarquaient. En quelques secondes, une quinzaine de zombies mirent le pied sur la piste, encerclant dangereusement le samouraï. Qui pourtant ne pouvait s’empêcher de sourire.

Ah, quel plaisir que de pouvoir à nouveau lutter pour sa survie ! N’être séparé de la mort que par les deux tiges d’acier tranchant qui pesaient dans ses mains ; affronter des adversaires qui ne connaissaient ni la pitié ni la peur ; frapper, esquiver, contre-attaquer ; vraiment, rien ne pouvait égaler de telles sensations. Kenji en aurait presque oublié l’hélicoptère déjà à quelques mètres au-dessus de lui.

« Qu’est-ce qu’on fait ? interrogea Jonas, maintenant l’engin en vol stationnaire tout en observant d’un regard inquiet son équipier danser entre les griffes et les lames. Kenji ne va pas tenir éternellement. On le laisse ici ?

-         Hors de question, répondit Jack, catégorique. On n’abandonne personne.

-         Mais comment veux-tu qu’on le récupère ? Si je descends, les goules vont s’accrocher à nous comme des sangsues !

-         Place-toi au-dessus du vide, à deux ou trois mètres de la plate-forme.

-         Attends, ne me dis pas que… »

D’un geste, le leader fit comprendre à Jonas que le temps n’était plus aux objections. Priant pour que Kenji soit sur la même longueur d’onde, le pilote obtempéra, tandis que Jack sortait la tête de l’habitacle pour siffler en direction de son ami. Un regard, et le tueur de goule comprit. Sa seule chance de s’en sortir était d’embarquer en vol. Aussi se lança-t-il sans une hésitation.

A grands coups de sabre, Kenji se tailla un passage dans les rangs des évolués, fonçant dans la trouée ainsi obtenue sans se soucier des griffes qui glissaient sur sa peau en y laissant des traînées sanglantes. Le temps sembla ralentir, s’étirer comme du caoutchouc. Et en quelques foulées, Kenji était au bord du vide.

Il ne prit même pas le temps d’estimer la distance le séparant de l’hélicoptère. Les goules ne lui en auraient de toute façon pas laissé l’occasion.

Ses sabres avaient déjà rejoint leur fourreau. Par la porte entrouverte, il voyait Lloyd lui tendre la main, son visage figé dans un cri inaudible.

De toute la puissance de ses jambes, Kenji sauta. La décharge d’adrénaline qu’il encaissa quand il se vit voler au-dessus du vide aurait suffi à réveiller un mort. Ce ne fut pourtant rien à côté de ce que ressentit l’aîné Bronson quand les doigts de son ami glissèrent sur sa paume sans parvenir à la saisir.

Pour se raccrocher miraculeusement au bas de la porte.

« Putain putain putain ! glapit Lloyd en se précipitant pour attraper le poignet de son ami. Tiens bon, mon vieux ! Arvis, chope moi par la ceinture ! Tire, bon sang !

-         Eloigne-toi vite de là, dit Jack à Jonas tout en aidant ses camarades à hisser Kenji à l’intérieur. J’ai pas envie qu’une goule tente aussi le grand saut… »

Le pilote se fit un plaisir d’obtempérer, prenant rapidement de l’altitude sous les yeux des goules déconfites. Bien que soulagés, les humains n’en menaient pas large non plus. Cette fois, il s’en était vraiment fallu d’un cheveu. Ce qui n’avait pas l’air de perturber le tueur de goule, tout sourire une fois qu’il fut en sécurité à bord de l’appareil.

« Qu’est-ce qu’on se marre, hein ? s’exclama-t-il, hilare. Je suis impatient de voir ce que nous réserve la suite du voyage… »

 

 

 

 

Merci à tous ceux qui ont donné leur avis sur la suite des événements.

Comme pouvez le voir, j'ai décidé de continuer l'histoire principale. Mais étant donné qu'un certain nombre d'entre vous semblent intéressés par une petite nouvelle, je vais aussi me lancer dans l'histoire parallèle dont je vous avais parlé. Je ferai donc de mon mieux pour m'occuper de ces deux projets simultanément.

Tous les lundis, vous pourrez ainsi retrouver la suite de Ghoul-Buster, et je posterai le jeudi les chapitres concernant la préquelle. Pour cela, je pense que je créerai un blog parallèle, car tout publier sur ce blog risque de perdre le lecteur...

Plus d'informations jeudi !

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Marianne 04/05/2011 07:29


Et tu as raison sur ce point!


Marianne 03/05/2011 12:37


Merci pour ce chapitre plein de rebondissements grâce en partie à ce barjo de Kenji dont la présence dans le groupeest autant un atout qu'un danger!
Quelques coquilles à signaler:
les routes les amenaient
tels des pèlerins
grouillaient par millions
allez


RoN 03/05/2011 23:11



C'est corrigé. Sauf pour "amenait", car dans la phrase c'est "suivre les routes les amenait" ; le sujet n'est donc pas "les routes", mais plutot "le fait de suivre les routes". Si je ne m'abuse,
le verbe se conjugue donc au singulier.



tistoulacasa 02/05/2011 20:12


wahou !!!
Je suis pressé de voir ce que va donner cette nouvelle ;)