Chapitre 36 : Aha-tra-ram

Publié le par RoN

La suite du voyage fut heureusement plus tranquille. Ce qui convenait parfaitement à nos voyageurs, les nerfs à vif après le premier réapprovisionnement. Les heures qui suivirent s’écoulèrent dans le calme le plus plat ; tous avaient eu assez d’émotions pour la journée, et se gardèrent par conséquent de tenter à nouveau la chance.

Ils parcoururent encore près de deux cent kilomètres dans la journée ; mais en restant cette fois à une altitude suffisante pour ne pas attirer l’attention des millions de goules qui pullulaient en dessous d’eux. Même de si haut, le spectacle restait impressionnant. Plus ils se rapprochaient de la côte, plus la densité de zombie augmentait. A certains endroits, les monstres semblaient si nombreux qu’ils ne constituaient plus qu’une masse compacte de muscles, de dents et de griffes. Du temps où les êtres humains peuplaient encore le continent, on n’avait pas du voir de tel attroupement même lors des concerts et festivals les plus mythiques. Des hommes normaux n’y auraient d’ailleurs sans doute pas survécu ; mais les goules ne risquaient pas l’asphyxie, et n’étaient probablement pas sujettes à l’agoraphobie.

Quel intérêt cependant que de se tasser ainsi les unes sur les autres ? Pouvoir déchiqueter instantanément la moindre proie ? Kenji voyait mal comment un être vivant, humain ou animal, pourrait être assez fou pour s’approcher d’un tel océan de prédateurs. Vraisemblablement, les dizaines de milliers de goules formant ces foules gigantesques ne devaient pas s’être mis quoi que ce soit sous la dent depuis un certain temps. Se regrouper ainsi devait même nuire à leur capacité photosynthétique. Comment s’étendre au soleil, quand des dizaines de vos semblables vous pressaient à tel point que tout mouvement vous était interdit ?

Vraiment, ces hordes titanesques ne semblaient présenter que des inconvénients pour les goules. Même Jack s’avéra incapable d’émettre la moindre théorie à ce sujet. Sans doute fallait-il passer de l’autre côté pour comprendre ce comportement. Nos voyageurs préféraient donc rester dans l’ignorance, se contentant d’observer ces panoramas avec une fascination teintée d’inquiétude. Ils étaient encore à plus d’un millier de kilomètres du littoral – soit deux jours de voyage environ. Si la situation était déjà cauchemardesque, qu’en serait-il sur la côte ?

Il n’était pas encore temps de s’en inquiéter. Car la bande allait auparavant faire face à des soucis plus pressants. Comme par exemple le voyant signalant un début de surchauffe des moteurs de l’hélicoptère, qui se mit à clignoter alors que la nuit venait de tomber sur les terres infectées. Problème pas forcément aussi grave qu’il n’y paraissait ; à condition de s’en occuper immédiatement.

En pilote expérimenté, Jonas aurait réagi sans attendre. Mais malheureusement, ce n’était pas lui qui se trouvait aux commandes de l’appareil à ce moment. Méritant une pause au moins autant qu’il en éprouvait le besoin, l’ancien passeur de la Fragma avait réussi à mettre de côté son appréhension pour confier le manche à Béate, le temps de s’accorder une sieste tout sauf luxueuse. Difficile de s’allonger dans l’habitacle encombré. Ce qui n’avait pas empêché Jonas de sombrer rapidement dans le sommeil du juste.

Recroquevillé sur le siège du copilote, il passa une bonne heure à ronfler comme un sonneur. Pour se réveiller en sursaut quand le fameux voyant s’alluma pour de bon, accompagné cette fois-ci d’une sonnerie stridente.

«  …c’qui’s’passe, putain ? grogna-t-il d’une voix grasse, jetant des regards embrumés autour de lui.

-         J’en sais rien ! lui répondit une Béate paniquée. J’ai rien fait de mal ! Ce truc vient de s’allumer, c’est tout.

-         Foutue saloperie de bordel de merde ! T’aurais pas pu me prévenir avant ? Ça doit faire au moins une demi-heure que ce voyant clignote !

-         J’ai déjà du mal à me souvenir de tous les instruments que je suis censée surveiller ! Comment je pouvais savoir que c’était important ? La prochaine fois, je n’hésiterai pas à te réveiller, même pour des broutilles !

-         A condition qu’il y ait une prochaine fois… Les moteurs vont s’arrêter d’un instant à l’autre !

-         Non, tu déconnes ?!? »

Ce n’était malheureusement pas le cas. Jonas eut à peine le temps de réduire leur altitude. Celle-ci était encore dramatiquement élevée quand les turbines cessèrent de fonctionner : près de quatre cent mètres. Beaucoup trop pour s’en sortir en cas de crash.

« Bon, je crois que c’est l’instant de vérité… déclara le pilote après avoir inspiré et expiré profondément. Accrochez-vous à ce que vous pouvez et évitez de vous chier dessus.

-         Attends, tu ne compte quand-même pas te poser maintenant ? s’écria Arvis, les yeux dans la paire de jumelle. On est en train de survoler une ville !

-         Et pas une petite… ajouta son frère. Il y a un sacré paquet de goules au mètre carré…

-         Qu’on le veuille ou non, dans moins de deux minutes on sera au sol. Essayez de trouver un endroit dégagé où je puisse négocier l’atterrissage…

-         C’est quoi, ce bâtiment ? interrogea Béate en pointant du doigt une structure ovale et blanche, qui contrastait nettement avec les ruines grisâtres de l’agglomération.

-         Un stade ! s’exclama Arvis. A ciel ouvert ! Ça me semble pas mal, non ?

-         Beaucoup de goules à l’intérieur ? interrogea Jonas en orientant l’hélicoptère vers le complexe.

-         Je n’en vois pas pour l’instant. Mais les rues alentours en sont pleines… »

Ce qui n’était guère étonnant. Par bonheur, la plupart paraissaient immobiles, recroquevillées sur elles-mêmes dans leur torpeur nocturne. Pour le moment, l’hélicoptère en descente quasi-silencieuse ne semblait pas avoir attiré leur attention. Mais qu’en serait-il une fois au sol ? Kenji eut un frisson en imaginant le spectacle de ces milliers de prédateurs en train d’envahir la pelouse du stade, se ruant vers l’hélicoptère en panne sèche et ses six occupants impuissants. Les prochaines minutes allaient être intéressantes, ça oui. A condition cependant de survivre à l’atterrissage d’urgence.

 

La peau moite de nervosité, Jonas fit en sorte de placer l’hélicoptère juste au-dessus du stade, de façon à masquer au mieux leur approche. Dans ces conditions, il devint vite impossible de voir ce qui se passait dans les rues adjacentes. Ce qui signifiait que les goules qui y squattaient ne pouvaient pas non plus distinguer l’appareil. Mais allaient-elles pour autant ignorer le bruit des pâles fouettant l’air ? Si la réponse était négative, nos voyageurs ne le sauraient certainement que bien trop tard. Mais pour l’instant, leur principal souci était constitué par la pelouse se rapprochant vite, bien trop vite.

« Tiens-toi prête, dit Jonas à Béate. A mon signal, tu tires sur le manche aussi fort que tu peux. On n’a pas le droit à l’erreur.

-         Détends-toi, mon vieux, l’apaisa Jack. T’as déjà fait cette manœuvre des centaines de fois, non ?

-         Pas avec ce modèle d’hélico. Ni avec un chargement aussi important. Ni avec un lourdingue qui n’a rien de plus intelligent à dire que de me relaxer… 

-         Sarcasme accepté. Mais j’aurais préféré que tu me rassures. J’ai jamais trop aimé…

-         MAINTENANT ! » le coupa Jonas.

Poussant des grognements d’effort, lui et Béate tirèrent sur leur manche respectif en parfaite simultanéité, ce qui eut pour effet d’augmenter la portance de l’appareil et de diminuer leur vitesse de chute. Ecrasé sur son siège par la brusque décélération, Kenji eut l’impression très désagréable que son squelette allait être expulsé de son corps. Etaient-ce ses propres os qu’il entendait grincer comme ça ? Non, cela venait de la carlingue de l’appareil, mise elle aussi à rude épreuve.

Le métal gémit de plus belle quand Jonas fit se cabrer l’hélicoptère, cassant ainsi leur vitesse horizontale. Une seconde plus tard, l’engin heurtait le sol, ses roues dérapant sur la pelouse humide. Pendant un instant affreux, Jonas crut que l’appareil allait se coucher sur le côté, déséquilibré par son propre poids et par les irrégularités du terrain. Mais il se contenta de glisser sur quelques mètres en oscillant légèrement sur ses amortisseurs, avant de s’immobiliser dans un ultime grincement.

Silence dans l’habitacle. Hébétés, ceux qui n’avaient jusque là pas eu la chance de voir Jonas pratiquer « l’atterrissage sans moteur » en étaient encore à se remettre de leurs émotions. Le stress de cette descente infernale brusquement remplacé par un soulagement intense eut un effet tout à fait prévisible sur Arvis Bronson, qui avait toujours été sujet au mal des transports : blanc comme un linge, le jeune homme eut tout juste le temps de faire coulisser la porte de l’appareil avant de rendre l’intégralité du contenu de son estomac.

« Ça signifie qu’on est toujours en vie, j’imagine, soupira Béate en affichant une moue dégoûtée.

-         Mais pour combien de temps ? répondit son frère, déjà en train de s’inquiéter de la suite des événement.

-         Mieux vaut ne pas perdre une seule seconde, déclara Jonas. Mettez tous votre tenue ignifugée. Il va falloir que vous me protégiez le temps que je voie ce qui ne va pas avec le moteur. »

Dans un beau chahut général, tous entreprirent de s’équiper des tenues noires et lisses généreusement fabriquées par Gook et ses compagnons. Le soulagement de se trouver enfin sur la terre ferme n’avait pas duré, vite occulté par une inquiétude tout à fait légitime : ils se trouvaient dorénavant en territoire ennemi. Ce n’était peut-être qu’une question de secondes avant que ne déferle sur eux un flot ininterrompu de goules.

La peur au ventre mais bien décidés à vendre chèrement leur peau, tous débarquèrent et se positionnèrent autour de l’appareil, prêts à livrer une lutte désespérée. Jonas ne s’accorda qu’un seul instant pour observer les alentours ; puis il s’attela à sa tâche avec un sang-froid exemplaire, examinant le moteur de l’hélicoptère afin de déterminer d’où venait la panne.

 

Pour l’instant, rien ne bougeait dans le stade désert. Le silence ambiant était presque aussi écrasant que le vide de ces gradins où avaient jadis hurlé des milliers de spectateurs survoltés. Sur le qui-vive, les combattants s’attendaient à entendre d’une seconde à l’autre le fracas de portes défoncées ou le tonnerre de centaines de pieds griffus, sons qui précéderaient inévitablement l’entrée dans l’arène des prédateurs massés à l’extérieur. A moins que les goules choisissent d’escalader l’enceinte du stade, et arrivent par le haut comme un tsunami débordant une digue.

« Allez, ramenez-vous… grommela Kenji, n’y tenant plus.

-         Notre tueur de goule a le trac ? ironisa Béate. Il n’y a pourtant pas beaucoup de public…

-         Je crois que j’ai trouvé… déclara Jonas, les avant-bras noirs de cambouis. Une durite a pété dans le système de refroidissement.

-         Tu peux réparer ? interrogea Jack, ne quittant pas des yeux la périphérie du stade.

-         Sans trop de difficulté. Normalement, on a une pièce de rechange. Donnez moi dix minutes supplémentaires. Non, un peu plus, le temps de remettre du liquide de refroidissement.

-         Pour l’instant, tout baigne. Mais grouille-toi quand-même. »

Ce n’était même pas la peine de lui préciser. Comme ses camarades, Jonas n’avait qu’une envie : redécoller au plus tôt. Il n’y avait qu’en l’air qu’ils pouvaient s’estimer en relative sécurité. A chaque minute passée au sol, le risque d’attaque augmentait.

Et pourtant, les goules restaient invisibles. Pas la moindre ombre fugitive dans les gradins, pas un bruit derrière les murs du stade. Tous avaient bien du mal à y croire. Mais au bout d’un quart d’heure, ils se rendirent à l’évidence : si les goules n’arrivaient pas, c’était probablement parce qu’elles ne les avaient pas repérés. Grâce à l’obscurité de la nuit, à leur descente quasi-silencieuse et à la géométrie du stade, qui avait masqué leur approche, ils étaient parvenus à atterrir sans éveiller l’attention des milliers de prédateurs assoupis à quelques dizaines de mètres. Un vrai miracle, dont il aurait été stupide de ne pas profiter au maximum.

Aussi nos voyageurs choisirent-ils de ne pas repartir immédiatement. L’hélicoptère réparé, ils pouvaient décamper rapidement à la moindre alerte. Dans ces conditions, pourquoi ne pas s’accorder une petite pause ? Les occasions de s’arrêter sans être harcelé par des nuées de monstres se feraient inévitablement de plus en plus rares. Mieux valait se reposer tant qu’ils en avaient l’opportunité. Jonas avait grand besoin de quelques heures de sommeil. Et il était plus prudent de laisser les moteurs de l’hélicoptère refroidir un peu avant de leur infliger une nouvelle journée de vol continu.

Aussi organisèrent-ils des tours de garde pour toute la nuit, prévoyant de repartir dès les premières lueurs de l’aube. Les frères Bronson furent les premiers à veiller, encore trop secoués par l’atterrissage pour trouver le sommeil. Jack et Kenji les remplacèrent quelques heures plus tard, laissant Jonas et Béate profiter de l’intégralité de leur nuit.

« Ça te dis d’aller voir un peu ce qui se passe à l’extérieur ? interrogea le tueur de goule une fois qu’Arvis et Lloyd se furent assoupis.

-         J’espère que tu plaisantes… refusa tout net son camarade. Hors de question de mettre un pied dehors. C’est beaucoup trop risqué, même avec nos combinaisons.

-         On pourrait se contenter de grimper au sommet du stade. Si on ne fait pas de bruit, les goules ne nous détecteront pas.

-         Ça, tu n’en sais rien… »

Mais en tant que scientifique, le jeune homme devait bien avouer qu’il était tentant d’observer de près ces évolués sauvages. Un joint bien chargé suffit à faire peser la curiosité plus lourd que la prudence. Deux minutes plus tard, les deux compères étaient allongés à plat ventre sur la toiture du stade, l’un les yeux vissés dans les jumelles tandis que l’autre surveillait les alentours.

 

Jack eut immédiatement un frisson de terreur. Les rues étaient tout aussi calmes qu’à l’intérieur de l’arène. Mais pas aussi vides, ça non. Assises à même le sol, souvent en position fœtale, les goules étaient là. Immobiles. Innombrables. N’attendant qu’un stimulus pour se mettre en chasse.

Beaucoup étaient serrées les unes contre les autres, à l’image de certains troupeaux de mammifères utilisant la chaleur du groupe pour lutter contre le froid. Certaines – il s’agissait visiblement des plus évoluées – semblaient tout de même préférer un minimum de solitude. Assoupies à l’écart de ces véritables tas de chair et de griffes, elles devaient probablement être suffisamment gorgées d’énergie solaire pour résister seules à la fraîcheur.

Le silence était total. Si Jack ne connaissait pas aussi bien les zombies, il aurait presque pu penser que toutes ces silhouettes n’étaient que des statues monstrueuses, ou bien des créatures extraterrestres pétrifiées par une pluie de cendre. Aucune trace d’humidité sur leur peau gris mat, alors que le reste du paysage scintillait de rosée sous la lumière blafarde de la lune. Un panorama à la beauté terrifiante, à tel point surnaturel que Jack douta un instant de sa réalité.

Si lui-même avait du mal à y croire, qu’en penseraient les filiens, qui pour la plupart n’avaient sans doute aucune idée de la nature de l’épidémie ? Sommant Kenji de ne pas bouger, le jeune homme alla récupérer la caméra vidéo, avant de retourner sur son perchoir et de capturer ces images étonnantes. Les deux compères passèrent le reste de la nuit à filmer les goules endormies, s’aplatissant sur leur toit dès que l’une d’elle faisait mine de bouger. Impossible que les dirigeants filiens restent sans réaction quand ils verraient dans quel état se trouvaient les villes de la Mater.

Quand les premières lueurs de l’aube percèrent l’horizon, les deux veilleurs s’en retournèrent à l’hélicoptère, tout à fait satisfaits de leurs prises de vue. Ils n’imaginaient pas que le meilleur restait à venir.

Inutile de décrire leur stupeur quand résonnèrent autour d’eux les premières notes du chant des goules. Une sonorité unique, qui s’élevait de partout à la fois, montant en puissance à mesure qu’apparaissait le soleil. Des milliers de voix inhumaines, unies par la même adoration, saluant comme chaque matin leur dieu bienfaiteur.

Le temps de recommander à leurs amis de se tenir prêts à partir, Jack et Kenji étaient de retour sur le toit du stade. Pour assister à un spectacle aussi surréaliste que terrifiant.

Dressées sur leurs jambes étroites, les goules étaient toutes tournées dans la même direction, observant le lever de l’astre solaire avec une fascination religieuse. Le chant gagnait en intensité à chaque seconde, leurs voix trop aigues devenant presque désagréables pour l’oreille humaine. Et elles ne se contentaient pas de psalmodier une syllabe unique. Non, ce que les goules scandaient était un mot, impossible d’en douter.

« Aha-tra… chuchota Kenji en fronçant les sourcils. Est-ce que c’est comme ça qu’elles appellent le soleil ?

-         Ça m’en a tout l’air, souffla Jack en réponse. Bordel, alors elles sont vraiment en train de développer un langage articulé…

-         Et c’est mauvais signe ?

-         Aucune idée. Ça ne fait que prouver ce qu’on savait déjà : ces saletés deviennent de plus en plus intelligentes. Le langage constitue le premier pas vers la conscience.

-         Faudra envoyer ces images à Genesia, commenta le tueur de goule, l’œil dans la caméra. Ils vont vraiment halluciner…

-         C’est sûr. Je… Oh, merde ! jura son ami en baissant brusquement la tête.

-         RAM !! »

Le cri avait claqué comme un coup de feu, brisant instantanément le chant monocorde des goules. L’évolué qui en était à l’origine se ruait déjà vers le stade, suivi un instant plus tard par ses centaines de comparses. Qu’est-ce qui avait bien pu trahir la présence des humains ? Un reflet dans l’objectif de la caméra ? Ou bien le zombie avait-il aperçu le visage d’un des deux hommes dépasser de la toiture ?

Il n’était plus temps de s’en inquiéter. Tel un gigantesque flot vivant, les goules affluaient des rues voisines, scandant frénétiquement le même mot. Certaines entreprirent d’escalader l’enceinte du stade, d’autres en défoncèrent les portes pour se précipiter sur la pelouse. Oublié, le calme de la nuit. Les monstres arrivaient de partout, dans un tonnerre de pieds griffant le sol et d’onomatopées exaltées.

Faisant de leur mieux pour capturer quelques images de ce chaos en train de déferler sur eux, Jack et Kenji se replièrent en catastrophe vers l’hélicoptère qui n’attendait plus qu’eux. Ils n’y parvinrent pas sans batailler un minimum, les évolués les plus vieux rapides tentant de leur couper la route. Rien dont les sabres mono-moléculaires ne puissent venir à bout. Béate et les frères Bronson se firent un plaisir de les assister à grandes rafales de mitrailleuse, et tous réussirent finalement à embarquer sans avoir à déplorer de perte.

Dix secondes plus tard, l’hélicoptère se soulevait dans les airs. Quelques coups de sabre suffirent pour se débarrasser des deux ou trois zombies accrochés à la carlingue. Désormais en sécurité relative, nos voyageurs purent enfin reprendre leur périple, alors qu’en dessous d’eux se refermait un flot de monstres dépités.

« Aha-tra-ram… » grommela l’un d’eux en observant l’hélicoptère disparaître dans l’éclat du soleil levant.  

 

 

 

 

Rendez-vous jeudi pour la suite de Ghoul-Buster / Fragma, que vous pourrez trouver dans la rubrique "pages" (je ne créerai pas de nouvel article). Et lundi prochain, la suite de l'histoire principale. Enjoy !

Publié dans Chapitres

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tistoulacasa 11/05/2011 22:12


ah ! Trop marrant ! On en parlait justement avec Noémie samedi soir d'une invasion dans un stade :)
Bon chapitre, la suite lundi, en attendant... Fragma !