Chapitre 43 : torture

Publié le par RoN

« Connard !

-         Petite bite !

-         Méchant bébé ! »

Bien décidés à faire tout leur possible pour perturber les « jeux » de Gary, les prisonniers déployaient des trésors d’imagination pour trouver des insultes pertinentes à lui balancer. Sans grand succès pour le moment, le jeune homme ignorant royalement les injures pour se consacrer méthodiquement au déshabillage de Béate. Laquelle était loin de se laisser faire, saisissant la moindre occasion de ruer ou de lancer des coups de pied à son agresseur. A tel point que celui-ci commença à se décourager.

« Tu vas te calmer un peu, salope ? cracha-t-il en massant ses tibias endoloris. Laisse-toi faire ou je t’en colle une !

-         Je croyais que t’aimais qu’on te résiste ? railla la jeune femme malgré sa position de faiblesse. Qu’est-ce qui se passe ? T’arrives pas à bander ?

-         Ferme ta putain de gueule ! »

Blam ! La gifle que se mangea Béate lui fit voir des étoiles. Là, elle avait certainement poussé le bouchon un peu trop loin. Mais elle ne regretta pas ses paroles pour autant. Cette douleur lui apporta un peu de chaleur, et valait bien le plaisir de voir Gary perdre enfin contenance. De plus, la jeune femme préférait se prendre quelques coups plutôt que d’expérimenter les « jeux » d’un pareil cinglé. Merde, si elle devait crever, autant en finir vite. La souffrance et le froid devenaient de plus en plus insupportables. Si Gary se mettait en plus à la torturer, elle ne tiendrait pas. Il fallait que cela cesse, d’une manière ou d’une autre.

En le provoquant suffisamment, Gary finirait sans doute par l’assommer de rage. Un sort certainement préférable à celui qui attendait la jeune femme. Résolue, celle-ci ignora les élancements dans son crâne pour gratifier son geôlier d’un rictus moqueur.

« Alors quoi ? C’est tout ce que tu as ? se gaussa-t-elle. Minable…

-         Bordel, tu l’auras voulu ! »

Le visage bloqué dans une grimace de rage, Gary serra le poing et frappa Béate au ventre. Encore. Et encore. Le souffle coupé, la jeune femme se plia en deux, hoquetant à la recherche d’air. Mais Gary ne lui laissa pas un instant de répit, la chopant par le cou pour la forcer à se redresser.

« C’est bon, t’en as assez ? interrogea-t-il en serrant la gorge de la malheureuse.

-         … faire la peau… articula Béate, un filet de sang coulant du coin de ses lèvres. … te crever, toi et ta famille…

-         T’as toujours pas compris, à ce que je vois… »

L’étranglant de plus belle, Gary s’empara de son revolver et fit pénétrer le canon crasseux dans la bouche de Béate. Les yeux exorbités et la peau bleuissante, la jeune fille se débattit, essaya de repousser son agresseur. Mais les coups qu’elle s’était pris dans l’estomac avaient annihilé ses dernières forces, ses jambes remuant faiblement sans se lever assez pour lutter efficacement.

Emoustillé par la panique qu’il devinait dans les yeux de sa prisonnière, Gary enfonça son arme plus avant dans la bouche de Béate. La jeune fille sentit le canon pousser dans sa gorge, s’étrangla, commença à perdre conscience. Jubilant, le tortionnaire laissa sa main libre s’aventurer sur le corps de la jeune femme, pétrissant ses seins, agrippant son pubis, tandis que le revolver effectuait des vas-et-viens dans sa bouche.

 « Ah, tu la ramène moins, petite pute, ricana Gary, terriblement excité. Allez, suce. T’avais raison, je vais pas réussir à bander aujourd’hui. Trop du public. Mais ce n’est pas grave, je vais quand-même te baiser. Je vais te baiser avec ce flingue… »

 

Si Béate était capable de supporter la douleur physique avec stoïcisme, l’humiliation qu’elle ressentait était en revanche insoutenable. Elle fut prises d’intenses vomissements dès l’instant où Gary eut retiré l’arme de sa bouche, et ne tarda pas à fondre en sanglots, perdant d’un coup toute sa superbe. Ce qui n’émeut aucunement le tortionnaire, bien au contraire.

« Pitié… gémit la jeune femme alors que Gary entreprenait de la débarrasser de ses derniers habits. Laisse-moi, je t’en prie…

-         Mais on n’est même pas entrés dans le vif du sujet ! Tu vas prendre ton pied, poulette. Du moins j’espère. Je dois avouer que je n’’ai encore jamais testé ce genre de trucs… »

Et il caressa doucement l’entrejambe de la jeune fille du bout de son arme. Béate lâcha un cri lorsque le métal glacé entra en contact avec son sexe, essaya vainement de se débattre ; et se mit à hurler de peur quand le canon commença à presser plus fortement sur l’entrée de son vagin.

Forcés d’assister à ce spectacle atroce sans pouvoir intervenir, les autres captifs se lancèrent dans des invectives de plus en plus virulentes, priant pour que Gary laisse rapidement tomber son « jeu ». Ce qui semblait plutôt mal parti, le tortionnaire n’ayant pour l’instant pas l’air de se lasser du traitement infligé à Béate.

« Lâche ! Tas de merde ! beuglait Jack, les larmes aux yeux.

-         Arrête ça ! Laisse ma copine tranquille, putain d’enculé ! l’exhortait Arvis, incapable de supporter les cris de sa petite amie.

-         Pense à ta mère ! tenta Lloyd. Qu’est-ce que dirait Michelle si elle te voyait, hein ? »

Gary se figea cette fois. L’aîné Bronson venait visiblement de toucher un point sensible. Avec une lenteur infernale, le tortionnaire retira son arme, laissant une Béate frissonnante et haletante. Puis se retourna vers l’inconscient qui avait osé gâcher son plaisir en mentionnant sa génitrice.

Lloyd ne cilla pas, répondant au regard glacial de Gary par un petit sourire ironique. Sentant qu’il avait ferré le poisson, le jeune homme ignora sa propre peur et sortit une nouvelle remarque déplacée concernant la mère de cette famille de dégénérés. Peu lui importait de s’attirer les foudres du tortionnaire. Si cela pouvait épargner à son frère l’insupportable spectacle de Béate en train de se faire torturer, il était prêt à encaisser les pires sévices.

 

« Alors quoi ? s’impatienta-t-il devant le manque de réaction de Gary. Qu’est-ce que tu attends pour nous montrer ce que tu sais faire, petit puceau ? Ça pourrait m’inspirer quand je me taperai Michelle… »

Gary tiqua. Cette fois c’en était trop. Délaissant Béate pour de bon, il se dirigea à grands pas vers un Lloyd toujours aussi provocateur. La grimace rageuse qui déformait son visage ne présageait rien de bon.

Mais avant que les captifs aient pu découvrir le sort réservé à ceux qui l’empêchaient de s’amuser, son pied buta dans un objet qui glissa jusqu’à l’autre bout de la pièce. Suffisamment intrigué pour contrôler sa colère quelques secondes de plus, Gary suspendit ses représailles et ordonna à son petit frère de s’emparer de l’outil. Parfaitement silencieux mais ne manquant pas une miette du show, Rémi s’empressa d’aller récupérer le fameux rasoir pliable qui avait longtemps constitué le seul espoir des prisonniers.

« Alors comme ça, vous avez essayé de vous échapper… constata Gary quand son frère lui eut remis sa prise. Papa ne veut jamais me croire quand je lui dis que c’est trop risqué d’attendre que les prisonniers crèvent de froid. On devrait les saigner directement. Si seulement les parents avaient assez de cran…

-         Ah, les problèmes de conscience… commenta Lloyd. Heureusement que tu n’es pas tourmenté par ce genre d’handicap, hein sale monstre ?

-         Toi, tu ferais mieux d’apprendre à tenir la langue… répondit-il avec un rictus sadique. Tiens Mimit’, prends le rasoir. Fais attention, c’est très coupant. Si cet enfoiré ouvre encore la bouche, tu as le droit de le taillader. Comme ça. »

Et d’un petit coup de poignet, Gary montra à son frère qu’il était possible d’infliger de douloureuses coupures sans le moindre effort. Guidé par la main de son aîné, l’enfant entailla méchamment le flanc de Lloyd, qui ne put retenir un cri de douleur. Rémi jeta un regard interrogateur à son frère, lequel hocha la tête : oui, le captif venait d’ouvrir la bouche.

Le gosse se fit donc un plaisir de le punir, le coupant légèrement au niveau du biceps. Lloyd prit cette fois le soin de garder les lèvres bien serrées, ne laissant échapper qu’un grognement sourd que Rémi ne considéra heureusement pas comme répréhensible.

 

Mieux valait désormais laisser tomber la provocation. L’enfant semblait apprécier au plus haut point que son frère lui confie des responsabilités. Ou bien avait-il pris goût à la torture, n’attendant que l’opportunité de pouvoir participer aux jeux de son aîné. Il prenait en tout cas son devoir au sérieux, ne quittant pas de yeux sa victime alors que Gary s’en retournait à ses occupations, très satisfait.

Il n’eut même pas besoin de toucher Béate pour que celle-ci se remette à supplier. Ses pleurs et ses gémissements s’éteignaient petit à petit. Bientôt, elle cessa même de lui demander d’arrêter. Pour implorer son tortionnaire de l’achever.

Arvis n’y tint plus. Rémi pouvait bien le taillader autant qu’il le souhaitait, cela serait une douce caresse en comparaison de ce qu’il ressentait en voyant sa bien-aimée réduite à réclamer la mort.

« Tu va me le payer, putain d’ordure ! hurla-t-il, rouge de fureur. J’vais te bousiller, toi et ta famille ! Ta mère ! Ton père ! Ta sœur ! Et ce petit connard, là ! Ils crèveront tous sous tes yeux ! On te fera bouffer leurs tripes !

-         Rémi… » se contenta de répondre Gary sans accorder un regard à l’importun.

Le rasoir fermement serré dans sa main, l’enfant s’avança d’un air décidé vers le cadet Bronson. Mais celui-ci n’attendait que ça. Contrairement à son frère, il n’avait aucune intention de se laisser écorcher tranquillement.

Une lueur farouche dans les yeux, il laissa Rémi approcher. Plus près, encore un peu plus près. Quand la lame se leva pour frapper son torse, le pied d’Arvis fusa, fauchant le gosse à la tempe. Cela suffit à lui faire lâcher son arme et à l’assommer à moitié, mais le jeune homme ne s’arrêta pas là. Pas question de faire preuve de pitié. Il fallait se sortir de cette situation, et maintenant.

 

Avant que Rémi ait pu reprendre ses esprits, les tibias d’Arvis se refermèrent autour de son cou dans une clé de jambe terriblement efficace et douloureuse. Faisant preuve d’une habileté étonnante, le cadet Bronson attira l’enfant à lui, le bloqua, raffermit sa prise. Rémi se mit immédiatement à hoqueter, sa bouche s’ouvrant et se refermant spasmodiquement pour essayer d’aspirer un peu d’air. Il se débattit en vain pendant quelques secondes, trop petit et faible pour lutter avec la hargne d’Arvis ; avant de perdre conscience pour de bon. Gary ne s’était même pas rendu compte du retournement de situation, trop occupé à faire plonger Béate au fond du trou.

« Regarde un peu ce qu’on a là ! lui annonça alors Lloyd.

-         Putain de bordel ! s’exclama le tortionnaire en réalisant que son petit frère s’était fait choper. Relâche-le tout de suite ou je t’explose la cervelle !

-         Je lui aurai broyé la nuque avant ! » répliqua Arvis en serrant un peu plus.

Ce qui était tout bonnement impossible. Le cadet Bronson ne possédait ni la force ni la technique requise pour briser un cou de ses seules jambes. Ce qui n’allait pas empêcher le gosse de suffoquer s’il maintenait la prise trop longtemps.

Cela suffit en tout cas à faire douter Gary. Perdant tout intérêt pour Béate, il s’avança vers les Bronson et braqua Arvis.

« Relâche Rémi » ordonna-t-il à nouveau.

Mais d’un ton beaucoup moins autoritaire cette fois. Arvis voyait le canon de l’arme trembler légèrement, devinait l’inquiétude de Gary dans sa voix. Enfin, enfin les captifs prenaient l’initiative. Si Arvis pouvait se débrouiller pour faire approcher le tortionnaire un peu plus, peut-être que Lloyd réussirait à le neutraliser comme lui l’avait fait avec Rémi…

Mais le jeune psychopathe n’allait pas se laisser prendre au piège. Tout comme ses prisonniers, il sentait parfaitement que la moindre erreur lui coûterait la vie. Il lui fallait régler cette situation sans attendre. Rémi était peut-être déjà mort. Ou le serait dans les prochaines secondes.

Essayant de paraître sûr de lui, Gary arma le chien de son revolver et sonda le regard d’Arvis.

« Tu as trois secondes, déclara-t-il d’un ton glacial.

-         Libère-nous, répondit le cadet Bronson en faisant mine de peser de tout son poids sur le cou de Rémi.

-         Un.

-         Tu vas tuer ton frère !

-         Deux. »

Là, Arvis se mit à son tour à douter. Peut-être avait-il surestimé les sentiments fraternels de ce psychopathe. Mais que pouvait-il faire désormais ? Relâcher Rémi signifierait un retour à la case départ. Non, il ne pouvait pas se soumettre. Même s’il devait crever, il aurait au moins la joie d’emporter un petit diable avec lui. La seule pensée de priver celui qui avait torturé sa petite amie d’un de ses proches suffisait à lui faire oublier son propre sort.

« Trois » lâcha Gary dans un souffle.  

 

 

 

 

Un chapitre assez violent (et le prochain le sera aussi), qui justifie la lente montée en tension des chapitres précédents. Pas très long c'est vrai, mais pour me justifier les derniers jours ont été assez "chargés"...

Je suis désolé, cette histoire de cannibales n'est toujours pas terminée... Après tout vous avez l'habitude, les choses sont TOUJOURS plus longues que ce que je prévois... Mais cela devrait se conclure (de façon sanglante) pour de bon la semaine prochaine.

A part ça, à jeudi pour la suite de Fragma !

Publié dans Chapitres

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tistoulacasa 04/07/2011 21:15


pfiuuuu... Chapitre très interessant et à suspence...
C'est moi où nos amis captifs connaissent Gronibard ;)